Développé par l’entreprise française SquareMind, Swan ambitionne de se substituer au dermatoscope classique en examinant avec précision l’épiderme du patient.

« Une première mondiale ». C’est ainsi qu’Ali Khachlouf, cofondateur et PDG de SquareMind, présente sa solution technologique face à la pénurie grandissante de dermatologues en France.

Selon BFM Business, le pays a perdu près de 20% de ses spécialistes dans cette discipline, faisant grimper le délai moyen d’obtention d’un rendez-vous à trois mois. Dans certaines zones rurales, notamment en Bretagne, l’attente dépasse désormais six mois et peut parfois atteindre un an.

L’innovation de la start-up française, baptisée Swan, est un robot capable de numériser l’ensemble de la peau d’un patient en quelques minutes. Concrètement, celui-ci se tient debout face à l’appareil dans une salle d’examen dédiée.

Un bras articulé muni d’une caméra haute définition se déplace autour de lui, guidé par des signaux visuels et sonores, afin de scanner chaque centimètre carré de l’épiderme. Cet examen, entièrement sans contact, produit ce qu’Ali Khachlouf décrit comme un « Google Maps de la peau », permettant au médecin de zoomer sur n’importe quelle zone avec une précision comparable à celle d’une loupe utilisée lors d’un contrôle dermatoscopique classique.

Un dermatoscope augmenté, pas un substitut au médecin

Cette cartographie complète offre un atout clinique majeur dans le dépistage du mélanome, la forme la plus mortelle de cancer cutané. D’après le dirigeant de SquareMind, 80% des mélanomes apparaissent sous forme de nouvelles taches sur une peau initialement saine, là où aucun grain de beauté n’était présent.

Or, même un dermatologue expérimenté ne peut mémoriser avec exactitude l’état de la peau d’un patient qu’il ne consulte qu’une fois par an, voire tous les deux, trois ou cinq ans. Le robot, lui, conserve un historique sur le long terme.

Les données, uniformisées et partageables entre différents cabinets équipés, permettent des comparaisons dans le temps lors des consultations de suivi. Selon Ali Khachlouf, Swan n’a pas vocation à remplacer le praticien, mais à renforcer ses capacités et à l’assister.

Des déserts médicaux aux cabinets urbains

L’appareil automatise la collecte d’informations cliniques et capte des éléments jusqu’ici difficiles à documenter. Une fois la cartographie réalisée, l’intelligence artificielle prend le relais pour détecter les évolutions entre deux examens, qu’il s’agisse de modifications de grains de beauté ou de l’apparition de nouvelles lésions.

Cette approche permet au spécialiste de se concentrer sur son cœur de métier : l’analyse et la prise de décision médicale. La solution, qui a récemment levé 15 millions d’euros, est actuellement en phase de prédéploiement dans un centre hospitalier de référence, les Hospices Civils de Lyon, en collaboration avec un professeur de renommée internationale dans le domaine du dépistage.

Au-delà des cabinets de dermatologie et des structures hospitalières, qui constituent la cible principale de SquareMind, Swan pourrait jouer un rôle important dans la réduction des déserts médicaux. L’équipement est proposé à l’achat pour environ 200 000 euros, mais le modèle locatif séduit davantage les cabinets de ville, selon Ali Khachlouf.

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