
Le géant américain du transport a dévoilé une feuille de route ambitieuse pour se muer en super application.
« Et si nous pouvions vous épargner le temps et la frustration de visiter une douzaine de sites et d’applications différents, et vous rendre plus de temps ? » Cette promesse du directeur général, Dara Khosrowshahi, résume à elle seule le nouveau virage d’Uber.
Après quinze ans d’existence, le groupe américain de VTC entame une véritable mue pour faire de son appli une porte d’entrée unique. « Uber est désormais une application pour tout, où vous pouvez vous déplacer, obtenir et maintenant voyager », a lancé le PDG le 29 avril à New York, lors de l’événement Go-Get.
Véritable creuset d’innovation pour la marque, ce rendez-vous annuel n’a pas dérogé à la règle en matière d’annonces de produits.
Au cœur de cette nouvelle super‑application – cette « everything app » – se trouve la centralisation d’une multitude de services : trajets, livraisons de repas, réservations d’hôtels, commandes anticipées… le tout sous un même identifiant, une interface unifiée et un seul programme de fidélité.
Un pari sur la fidélisation
La pièce maîtresse de ce chapitre est un partenariat conclu avec Expedia et sa filiale Vrbo, spécialiste de la location de vacances entre particuliers. Concrètement, les utilisateurs peuvent désormais rechercher et réserver hôtels et hébergements de courte durée sans quitter l’application Uber.
Ce glissement étend le champ d’action du groupe bien au‑delà de la seule mobilité urbaine. Pour les quelque 50 millions de membres Uber One, des remises pouvant atteindre 20% et des crédits supplémentaires viennent enrichir une offre déjà considérée comme le cœur de sa stratégie de monétisation.
Autres nouveautés : une barre de recherche unifiée couvrant trajets et repas, la possibilité de pré‑commander un café ou un encas livré avec le chauffeur, et un système de réservation vocale propulsé par les modèles d’intelligence artificielle d’OpenAI.
Les véhicules autonomes, horizon indépassable
Conscient de l’engouement des utilisateurs pour la fonction « coursier » – détournée de sa fonction initiale de livraison d’objets pour des instructions d’achat –, Uber en a fait une vraie fonctionnalité appelée « Shop for Me ». Le principe consiste à décrire en détail ce que vous voulez, l’acheteur Uber va au magasin, vous envoie des photos, vous choisissez, il achète et livre.
« Les gens ne veulent pas seulement que nous transportions des objets ; ils veulent que nous les achetions pour eux et que nous leur enlevions encore plus de tâches de leur liste », soutient Rebecca Payne, une responsable du groupe, citée par news.com.au.
Interrogé par CNBC sur l’éventualité d’un retour à la propriété directe de flottes autonomes, Andrew Macdonald, président et directeur des opérations, n’a pas esquivé.
« Si cela implique de modifier temporairement ou définitivement notre modèle économique traditionnel pour faire démarrer le marché, nous le ferons », a-t-il affirmé, précisant qu’Uber n’est « pas guidé par des considérations de modèle économique, mais par des considérations clients ».
