Le site de microblogging est de nouveau fonctionnel dans le pays ouest-africain, sept mois après sa suspension sur fond de querelle avec les autorités. Un retour effectif suite à des concessions de la part de la plateforme californienne.

Les Nigerians peuvent à nouveau faire des gazouillis sans craindre des mesures de répression de la part de leurs autorités. Car si Twitter est banni au Nigeria depuis le 4 juin 2021, de nombreux abonnés y avaient accès à travers des réseaux privés virtuels (VPN), du nom de ce système informatique utilisé contre la censure. Quoi qu’il en soit, la levée de la suspension du réseau social à l’oiseau bleu est effective depuis les premières heures du jeudi 13 janvier.

Au grand bonheur d’une partie de la population, l’élite en l’occurrence, très fan de la plateforme américaine. Cette dernière dénombrant environ trois millions d’utilisateurs dans ce pays de 200 millions d’habitants. Soit le plus peuplé d’Afrique. Un chiffre bien inférieur à celui des concurrents WhatsApp, Facebook ou encore Instagram.

Coupure polémique

Dans les rues de Lagos, mégalopole économique du pays, les réactions étaient partagées entre soulagement et indifférence jeudi, selon un reportage réalisé sur place par Reuters. La coupure de Twitter début juin avait été interprétée par la population comme une mesure de rétorsion de l’État contre la suppression deux jours plus tôt, d’un tweet présidentiel violant les règles d’utilisation du réseau social. Le président Muhammadu Buhari y menaçait notamment, en des termes à peine voilés, le sud-est du pays alors en proie à des violences.

Mais le gouvernement et l’organe de régulation ont toujours refusé de lier ces deux événements, dépeignant la plateforme californienne comme un canal de propagande contre les intérêts du Nigeria. Les organes de défense des droits humains avaient quant à eux, dénoncé une mesure attentatoire à la liberté d’expression.

Mise au pas ?

Les autorités nigérianes affirment avoir obtenu du réseau social le respect d’un certain nombre de prescriptions, dont l’établissement d’un bureau avec représentant dans le pays et le versement d’impôts, entre autres. Autant dire que Twitter aura donc été mis au pas par Abuja. Reste à déterminer dans quelle mesure sa nouvelle posture vis-à-vis des autorités influera-t-elle sur sa politique de régulation de la plateforme au Nigeria.

Dans tous les cas, le rétablissement de Twitter met fin à une décision dont le pays ouest-africain aura également pâti. L’organisme spécialisé dans la cybersécurité, NetBlocks, estime à 1,4 milliards de dollars le préjudice causé à l’économie nigériane par les sept mois de coupure.

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