Le célèbre graffiti « Le lanceur de fleurs » de Banksy.

 

Le street-artiste britannique Banksy a perdu, le jeudi 17 septembre, la marque déposée de son célèbre graffiti « Le lanceur de fleurs ». L’Office de l’Union européenne pour la Propriété intellectuelle (EUIPO) a estimé qu’en raison de son anonymat, il ne peut pas en être formellement identifié comme l’auteur.

De tout temps, les artistes (écrivains et peintres, notamment) ont pris l’habitude de se cacher derrière des pseudonymes pour publier leurs œuvres. D’autres vont jusqu’à faire le mystère autour de leur identité. C’est le cas du street-artiste britannique Banksy, dont les œuvres sont apparues subitement sur de multiples édifices à travers le monde. Les paparazzis et les fidèles admirateurs ont beau guetter le personnage au coin des rues de Londres, ils n’ont jamais pu mettre la main sur lui.

Une œuvre apparue sur un mur de Jérusalem en 2005

Ce secret qu’il entretient autour de lui a permis à Banksy de voir sa côte monter. Mais il risque maintenant de lui enlever des revenus. En effet, l’artiste britannique a (presque) perdu jeudi la marque déposée de son célèbre graffiti « Le lanceur de fleurs », car son anonymat signifie qu’il ne peut pas en être formellement identifié comme l’auteur, selon une décision européenne publiée jeudi. Ce jugement de l’Office de l’Union européenne pour la Propriété intellectuelle (EUIPO), basé en Espagne, concerne l’une des plus célèbres œuvres de Banksy, apparue sur un mur de Jérusalem en 2005. Elle représente un manifestant masqué sur le point de lancer un bouquet de fleurs.

« Il n’avait aucune intention d’utiliser l’œuvre pour commercialiser des biens »

Banksy avait déposé une marque pour cette image auprès de l’Union européenne en 2014. Mais en 2018, le fabricant de cartes de vœux Full Colour Black, qui voulait utiliser l’œuvre pour ses produits, a contesté cette décision. Il a argumenté que Banksy avait déposé la marque de « mauvaise foi », c’est-à-dire sans avoir l’intention de l’utiliser pour des produits ou des services. « Il est clair que lorsque (Banksy) a déposé la marque, il n’avait aucune intention d’utiliser l’œuvre pour commercialiser des biens ou fournir des services », a indiqué l’EUIPO.

« Le problème que posent les droits de Banksy sur l’œuvre ‘Le lanceur de fleurs’ est clair : protéger ses droits au titre de la propriété intellectuelle exigerait qu’il perde son anonymat, ce qui nuirait à son personnage », précise l’agence. « Banksy ne peut pas être identifié comme le propriétaire incontestable de telles œuvres », conclut l’EUIPO.

A Dieu les droits d’auteur ?

L’an dernier, le street-artiste avait ouvert une boutique éphémère à Londres, baptisée Produit intérieur brut, expliquant qu’il s’agissait de répondre aux questions soulevées par ce litige en montrant qu’il utilisait la marque déposée. Malheureusement, les autorités européennes ont jugé que cette initiative ne faisait que renforcer les arguments du plaignant.

L’EUIPO a invalidé la marque déposée et ordonné à Banksy et à son représentant légal de payer les frais de justice engagés par l’entreprise Full Colour Black. A présent, Banksy a deux mois pour faire appel de la décision. Osera-t-il enfin révéler son identité ? Pas si sûr, puisque le mystère fait partie de son personnage.

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