Binance et Coinbase, deux des plus importants acteurs de cryptomonnaie au monde, rechignent pour l’heure à interdire l’accès à leur plateforme aux Russes. Sauf à y être contraint. La riposte internationale contre l’invasion de Kiev par Moscou pourrait en pâtir.

Priver les utilisateurs russes des services de Binance ou de Coinbase en représailles à l’assaut militaire du Kremlin contre son voisin de l’Est ? C’est non pour l’instant. Les deux plateformes concernées, principaux marchés d’échange des cryptodevises, ont réitéré vendredi 4 mars, leur opposition à une telle mesure.

Les appels à cet effet se multiplient à travers le monde depuis le jeudi 24 février, date du déclenchement des hostilités par la Russie en Ukraine. Au grand dam d’une communauté internationale presque prise de court par la détermination de l’homme fort de Moscou, Vladimir Poutine. Contre les bombes de ce dernier, l’Occident et les États-Unis préfèrent riposter à coups de sanctions économiques et financières particulièrement drastiques.

Pénaliser des innocents

Le secteur de la cryptomonnaie dont la régulation échappe pour l’heure à tout contrôle au regard de son caractère décentralisé a été fortement convié à faire de même. La crainte de plusieurs pays étant qu’il risquerait, le cas contraire, d’affaiblir l’impact des sanctions infligées à la Russie. D’autant que de plus en plus de citoyens russes ont jeté leur dévolu sur ces monnaies virtuelles, comme l’a relevé le groupe américain Kaiko spécialisé dans la fourniture de données concernant le bitcoin, l’Éther et autres. Notamment afin de sécuriser leurs finances face à la chute du rouble, la devise nationale.

Mais les acteurs des cryptomonnaies ne sont pas prêts à s’engager dans une telle initiative. « Tout le monde mérite d’avoir accès aux services financiers de base« , a réagi ce vendredi Brian Armstrong, fondateur de Coinbase dans une série de tweets repérés par Reuters. « Nous n’allons pas geler unilatéralement des millions de comptes d’utilisateurs innocents« , a pour sa part abondé son concurrent Binance, dans un communiqué transmis toujours à l’agence de presse britannique.

Des restrictions à l’étude

Les deux plateformes d’échange acceptent cependant de se conformer à toute directive formelle prônant l’exclusion de la Russie. C’est un projet sur lequel le G7 a décidé de se pencher au cours des prochains jours. Avec pour objectif d’isoler Moscou au maximum.

Reste à savoir comment bouter le pays des plateformes d’échange de devises virtuelles sans affecter le reste des utilisateurs de la planète. Et le cas échéant pour quelle efficacité.

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