L’intensification de la chasse au trésor accroît la rareté des diamants. Mais de nouvelles façons de révéler les pierres précieuses émergent. Illustration avec les manœuvres de De Beers dans la province minière sud-africaine de Limpopo.

L’exploration minière, celle du diamant en particulier, tend à devenir aléatoire, une sorte d’arlésienne dont on n’évoque la présence sans jamais parvenir à la toucher du doigt. D’autant plus en Afrique du Sud dont les terres voient sortir depuis des décennies d’immenses quantités de pierres précieuses. Et même si le pays figure dans le quintet des producteurs mondiaux de diamants avec 9% des parts, il ne s’agit pas d’une ressource renouvelable.

Mais les acteurs de l’industrie multiplient les initiatives destinées à repousser autant que faire se peut le tarissement inéluctable de cette ressource. C’est le cas du géant De Beers, filiale de l’Anglo American, dont la majeure partie de la production de diamants bruts en Afrique du Sud provient de la mine de Venetia, la plus grande du pays.

Mine dans la mine

Cette mine de 450 mètres de profondeur creusée en deux décennies de quête effrénée devrait prochainement être traversée par un tunnel sous-terrain d’un millier de mètres, selon l’annonce De Beers en 2013. L’entreprise qui contrôle environ 40% du marché mondial de diamant brut espère toucher à la fin de ce projet gigantesque de deux milliards de dollars de nouvelles pierres précieuses dès cette année. Pour une mise à contribution censée durer jusqu’en 2042 au moins, selon les estimations de l’entreprise.

Cela pourrait de fait, l’aider à amoindrir le manque à gagner causé par la cessation de certaines de ses activités exploratoires au Canada et au Botswana notamment. Des décisions motivées par la fluctuation inhérente au marché des pierres précieuses. Une situation qui rend de plus en plus d’acteurs du secteur frileux à se lancer dans de nouvelles explorations. Sans oublier la concurrence des diamants produits en laboratoire, forts de leur coût plus accessible que ceux des pierres naturelles. De Beers s’y est d’ailleurs également lancé depuis 2018 après des années de résistance.

Demande timide

Fort heureusement, le diamantaire sud-africain pourra compter au terme du projet de Venetia, sur une demande venant d’Asie, principalement de la Chine et de l’Inde. Mais là encore, rien n’est moins sûr sachant que la crise du Covid a beaucoup pénalisé la chaîne d’approvisionnement mondial. Ce qui rend d’autant plus audacieuse l’initiative de De Beers. Mais c’est peut-être aussi cela le quotidien d’une entreprise vieille de plus de 130 dans les activités minières.

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