Le réseau social à l’oiseau bleu est de plus en plus mis devant ses propres contradictions en matière de modération de contenus. La faute à un ensemble de règles et de pratiques qui tranchent parfois avec la réalité de l’expression en ligne.

À l’heure du boom numérique et des réseaux sociaux, la gestion de la liberté d’expression reste un défi pour les plateformes en ligne. C’est encore plus criant chez Twitter. Il n’est pas rare que des utilisateurs voient leurs Tweets supprimés alors qu’ils n’auraient pas dû l’être. Pendant que d’autres Tweets censés être retirés par le réseau social restent bien visibles. Un cafouillage permanent que la plateforme a manifestement du mal à gérer depuis bien des années.

En effet, comme nombre de ses homologues, Twitter a un code de conduite pour ses utilisateurs. Quand bien même cela semble moins strict que chez Facebook ou Instagram par exemple. Sur le réseau social, les messages promouvant la haine, l’exploitation sexuelle des enfants, le cyberharcèlement ou le terrorisme entre autres, sont interdits et par conséquent susceptibles d’être modérés (cela va de la limitation de la visibilité du Tweet à la suppression totale du compte).

Un système de modération opaque

Cette modération est assurée à la fois par des machines et des humains. Mais le système est pour le moins opaque, étant donné que l’entreprise n’a jamais communiqué ni sur le nombre précis de ses modérateurs humains, ni sur leur façon d’apprécier un Tweet, ni sur leur nombre exact. On n’en sait pas davantage sur le degré d’intervention des machines et des humains dans la modération. On sait juste que le réseau social aux 187 millions d’utilisateurs réguliers par jour, employait 5 400 employés au total à travers le monde.

Ce flou artistique est à l’origine de nombreuses fausses notes ces dernières années et cela ne semble guère s’arranger. L’affaire Griveaux, du nom de l’ancien ministre français candidat à la mairie de Paris, en est une illustration. Alors qu’il était victime d’un scandale à la sextape, des vidéos de lui tout nu ont circulé allègrement sur Twitter pendant plusieurs jours. Ce qui n’aurait jamais dû être possible si le réseau social avait assuré une modération adéquate et conforme aux règles édictées. Par ailleurs, nombreux sont des Twittos qui se plaignent de voir leurs contenus censurer sans raison apparente.

Ce sont là quelques limites dans la politique de modération de Twitter dont le réseau social est toutefois conscient. Son patron Jack Patrick Dorsey ne s’était pas montré fier d’avoir banni Donald Trump en janvier dernier, après des années de transgression évidente.

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