
Le navigateur qui avait apporté un vent de fraîcheur à de nombreux internautes grâce à sa praticité et à quelques fonctionnalités novatrices va céder la place à Dia, son pendant davantage axé sur l’intelligence artificielle, après le changement de propriétaire de sa maison mère, The Browser Company.
L’information attendue est désormais officielle : le navigateur Arc va cesser de fonctionner le 22 décembre 2026, selon une annonce publiée le 22 octobre sur les réseaux sociaux. « Ce n’est pas une phrase facile à écrire », peut-on lire dans le texte, qui invite les utilisateurs à basculer vers Dia.
Lancé en juin 2025, ce nouvel outil de navigation a préfiguré la cession de The Browser Company à Atlassian, l’entreprise conceptrice du logiciel de gestion de projets Jira, pour 610 millions de dollars.
Il vient concrétiser le recentrage de la société sur l’intelligence artificielle, dont l’intégration dans les navigateurs web se répand. De quoi lui assurer potentiellement des ressources financières. Car si Arc a su fidéliser ses utilisateurs, il a eu du mal à séduire un public plus large.
Une extension vers l’IA difficile à ignorer
L’entreprise peinait donc à entretenir cet outil. « Assurer la sécurité d’un navigateur exige un travail constant et spécifique, dont l’ampleur ne fait qu’augmenter à l’ère de l’IA », a-t-elle écrit.
Par ailleurs, face à des géants plus établis comme Google Chrome, Firefox et Safari, les nouveaux concurrents doivent constamment s’adapter pour rester dans la course. D’autant que, pour des millions de personnes, les navigateurs web sont indispensables pour accéder aux contenus et communiquer.
Les fonctionnalités qui distinguaient autrefois Arc sont désormais intégrées à Dia, qui promet de mieux répondre aux exigences actuelles en matière de sécurité et de rapidité. Depuis le 22 octobre, il n’est plus possible de créer de nouveaux comptes Arc.
Le 23 novembre, les versions mobiles perdront leurs fonctionnalités d’intelligence artificielle, comme « Browse for Me », qui permet de naviguer à la place de l’utilisateur. L’extinction totale interviendra un mois plus tard.
Un marché difficilement pénétrable
Les mots de passe, favoris et autres extensions seront transférés sans difficulté vers Dia, tandis que l’équipe d’Arc assure avoir travaillé pour rendre la transition « aussi simple que possible ». Cela n’est guère de nature à rassurer les internautes, qui n’ont pas manqué d’exprimer leur frustration.
« Vous avez créé un produit génial, levé des millions pour ensuite l’abandonner, puis développé un produit d’IA merdique, avant de vous faire racheter par le créateur de Jira, le logiciel le plus merdique du monde, et finalement de mettre fin à ce qui était un produit vraiment excellent. Vraiment formidable, votre petit cycle, les gars », a notamment résumé l’un d’eux.
Face aux appels à rendre le code source d’Arc public, le directeur général Josh Miller avait précédemment indiqué que cela n’était pas envisageable pour le moment. Une telle option reviendrait en effet à dévoiler les technologies essentielles au fonctionnement de Dia.
Plus largement, cet épisode illustre la complexité du développement des navigateurs. Les entreprises doivent trouver un équilibre entre leur volonté d’innover, l’adoption par les utilisateurs et les investissements nécessaires.
