
La start-up californienne a développé un scanner corporel total par immersion dans l’eau, capable de cartographier l’anatomie interne en une minute sans radiation ni aimants.
On l’a d’abord connue pour ses images générées par intelligence artificielle, d’un réalisme frappant pour l’époque — beaucoup se souviennent du pape en doudoune blanche —, elle entend désormais se distinguer dans le domaine de l’imagerie médicale.
Midjourney a annoncé, jeudi 18 juin, le lancement de Midjourney Medical, une technologie qui promet de réaliser un scan complet du corps humain en 60 secondes, sans radiation ni champ magnétique, en combinant uniquement le son, l’eau et l’intelligence artificielle.
Le dispositif, baptisé Ultrasonic CT — ou scanner ultrasonique corps entier — repose sur une approche radicalement différente des équipements conventionnels. L’utilisateur se tient sur une plateforme qui s’abaisse progressivement dans un bain d’eau, où des milliers de transducteurs émettent des ondes ultrasoniques.
Ces ondes traversent l’organisme, et les variations qu’elles produisent sont captées en temps réel, puis interprétées par des algorithmes afin de générer des images tridimensionnelles d’une grande précision.
Un spa médical à San Francisco d’ici 2027
Cette innovation a été développée en partenariat avec Butterfly Network, spécialiste de l’imagerie ultrasonique miniaturisée. Chaque appareil intègre ainsi 40 modules Butterfly on-chip.
Selon le PDG de Midjourney, David Holz, une quinzaine de personnes ont déjà été examinées avec ce système, et les résultats obtenus seraient, selon les ingénieurs, comparables — voire supérieurs — à ceux d’une IRM classique.
Pour concrétiser cette ambition, l’entreprise prévoit d’ouvrir un espace baptisé Midjourney Spa à San Francisco d’ici fin 2027. Le site sera équipé de dix scanners, ainsi que de jacuzzis, saunas et bains froids, assumant un positionnement à la frontière entre examen médical et expérience de bien-être.
L’objectif est de démocratiser l’accès à l’imagerie avancée en la sortant du cadre strictement hospitalier, afin de la rendre plus accessible et moins anxiogène. À terme, Midjourney vise le déploiement de 50 000 appareils à travers le monde en six ans, avec l’ambition d’atteindre un milliard de scans mensuels.
La FDA, principal obstacle ?
Ce virage stratégique marque une évolution majeure pour une entreprise jusqu’ici connue pour ses créations virales, mais aussi pour ses litiges liés aux droits d’auteur.
Si cette ambition technologique impressionne, elle suscite également des réserves au sein de la communauté médicale. Des radiologues mettent notamment en garde contre le risque de surdiagnostic, bien documenté.
Midjourney Medical devra par ailleurs composer avec un cadre réglementaire strict. Avant toute utilisation à des fins diagnostiques aux États-Unis, la technologie devra obtenir l’approbation de la Food and Drug Administration (FDA), un processus long et incertain.
Enfin, des interrogations majeures subsistent quant à la protection des données de santé, particulièrement sensibles, dans un contexte marqué par la multiplication des scandales liés à leur exploitation.
