Des algorithmes ont licencié plusieurs employés de la plateforme de livraison rapide du géant du e-commerce pour rendement insuffisant. Une nouvelle illustration de la politique de cette firme qui a fait de la recherche de performance presque une obsession.

Vous avez beau avoir passé plusieurs années chez Amazon, cela ne vous épargne pas d’un évincement soudain. Surtout si vous disposez d’un contrat plutôt précaire. C’est ce que vient d’apprendre à ses dépens Stephen Normandin. Pendant près de quatre ans, ce sexagénaire a roulé sa bosse dans la ville de Phoenix en tant qu’employé d’Amazon Flex, le service de livraison de colis sous-traité aux particuliers par la firme de Seattle. Jusqu’à ce qu’il apprenne un matin son licenciement par…un algorithme. Raison évoquée : des performances de livraison jugées en deçà des normes requises.

L’histoire révélée par Bloomberg dans ses colonnes le 28 juin fait écho à bien d’autres dans le même genre ces dernières années. Elle met en évidence la logique grâce à laquelle Amazon est devenue en 20 ans, un mastodonte de la livraison rapide à travers le monde.

Tout est automatisé

Pour griller la politesse à tous ses concurrents, l’entreprise fondée par Jeff Bezos a depuis plusieurs années misé sur un crédo : la rapidité dans l’exécution. Ainsi, que ce soit dans ses entrepôts ou chez ses livreurs sur le terrain, toutes les tâches doivent être accomplies le plus rapidement possible. Et pour s’en assurer, Amazon investit énormément dans la mise en place d’algorithmes de performances. Ces derniers calibrés sur les objectifs du groupe sont chargés de pister de façon continuelle les moindres faits et gestes des employés. Quitte à frôler l’intrusion dans la vie des travailleurs. Le stress causé par cet état de surveillance permanente n’est pas négligeable. Dans le cas des livreurs Amazon Flex, les appréciations de productivité attribuées par les machines vont de “risqué” à “très bien“.

À la limite de l’abus

Le système est si automatisé que l’algorithme procède par lui-même à des licenciements dès lors que le rendement d’un employé est jugé faible. Peu importe par ailleurs, les raisons pouvant expliquer sa défaillance. C’est ainsi que plusieurs acteurs d’Amazon Flex aux États-Unis disent avoir été mis à la porte suite à une livraison non effectuée. L’un a par exemple parlé de pneu crevé en cours de route, un autre a évoqué son incapacité à pouvoir joindre le client destinataire de la course. Mais de tout cela, Amazon n’en a cure.

Les coursiers Amazon Flex n’étant pas à proprement parler des employés, leur licenciement apparaît sans incident pour l’entreprise. Et contester cela coûte au moins 200 dollars de frais de procédure.

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