Joe Biden, nouveau président des Etats Unis, va-t-il changer les rapports de la Maison Blanche avec la Big Tech?

 

A peine élu à la présidentielle américaine, Joe Biden a déjà mis en place une équipe de transition qui comprend d’anciens dirigeants de la Big Tech. Selon des médias et des observateurs de la vie publique, ces nominations lèvent un coin de voile sur ses prochaines relations avec les firmes technologiques. Mais rien ne garantirait qu’il sera plus conciliant que Donald Trump.

Si le dépouillement continue dans certains Etats, Joe Biden a pratiquement remporté la présidentielle américaine samedi dernier en obtenant les 270 grands électeurs nécessaires à une élection. Pressé de prendre le relais de Donald Trump, le candidat démocrate a déjà mis en place, le lundi 9 novembre, une équipe de transition. Celle-ci comprend de nombreux anciens de compagnies technologiques telles que Google, Twitter, Apple, Airbnb, Amazon, Dell, DropBox, LinkedIn, Microsoft, Lyft et Uber. Selon certains médias et analystes politiques, ces recrutements laissent présager de meilleures relations entre la Maison Blanche et la Big Tech, qui a d’ailleurs fortement investi dans la campagne du candidat démocrate.

Certaines organisations progressistes voient d’un très mauvais œil la présence des anciens de la Big Tech dans l’équipe de transition. Citée par CNBC, le Revolving Door Project a expliqué que ces personnes pourraient avoir des conflits d’intérêts vis à vis de leurs anciens employeurs. Mais il faut aussi souligner la nomination de personnalités très critiques vis à vis des géants technologiques. C’est par exemple le cas de Sarah Miller, la directrice de l’American Economic Liberties Project, qui a appelé à la dissolution de Facebook et Google par le passé.

Des dossiers chauds à gérer sur la tech

Dès son installation effective, l’administration Biden aura des dossiers chauds à gérer, parmi lesquels les poursuites antitrust engagées contre Google et Facebook, la question de la régulation des réseaux sociaux, le renforcement des règles de confidentialité des consommateurs, la mise à jour de la politique de neutralité du net et la lutte contre la « fracture numérique » par la fourniture d’accès rapide à Internet aux personnes qui en manquent.

Si on ne sait pas encore comment le nouveau président traitera toutes ces questions, certains dirigeants de la tech craignent déjà que M. Biden étende la surveillance fédérale et utilise le ministère de la Justice pour poursuivre davantage de litiges antitrust. Au cours des quatre dernières années, les plus importantes firmes se sont retrouvées carrément dans la ligne de mire du président Donald Trump. Actuellement Google se bat contre une action antitrust historique du DOJ déposée par l’administration Trump. Pendant ce temps, les responsables de la FTC continuent d’enquêter sur Facebook pour d’éventuelles violations des lois antitrust.

Une autre préoccupation de la Big Tech concerne la politique américaine envers Huawei et TikTok. En effet, les Républicains comme les Démocrates considèrent les entreprises chinoises comme des menaces pour la sécurité américaine. Rien ne devrait donc changer de ce côté-là, d’autant que sous le président Barack Obama, le gouvernement américain avait déjà lancé des offensives contre les groupes chinois. Trump a juste fait beaucoup de bruits que son prédécesseur.

L’espoir de profonds changements sociaux et environnementaux

Certaines entreprises de la Big Tech espèrent également que l’élection de Biden impulsera un changement dans d’autres domaines. Par exemple, les firmes qui ont pris des engagements majeurs en matière de changement climatique attendent que la nouvelle administration rejoigne l’accord de Paris sur le climat. Biden a déjà promis que les Etats Unis reviendront dans l’accord dès sa prise de fonction, prévu le 20 janvier prochain. Par ailleurs, le 46e président des Etats Unis est invité à promouvoir l’égalité et l’inclusion. La COO de Facebook, Sheryl Sandberg a écrit cette semaine que l’élection de Joe Biden constituait un « grand pas » vers la création d’un gouvernement plus diversifié avec notamment la vice-présidente afro-indienne Kamala Harris. Elle a ajouté qu’il fallait enfin briser le fameux plafond de verre dans les entreprises.

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