Rekognition, appliquée à des diplômés qui se prennent en selfies

 

Malgré les nombreuses critiques, Amazon continue de faire évoluer son programme de reconnaissance faciale baptisée Rekognition. La machine serait désormais capable de détecter la peur sur le visage des individus en plus des émotions telles que la joie, la tristesse, la colère ou encore le calme.

Rekognition ajoute la peur à sa palette d’émotions

Amazon ne compte pas renier son programme à cause de la polémique. Le groupe a encore fait évoluer son API de reconnaissance baptisée Rekognition, qui peut désormais déceler une nouvelle émotion : la peur. La machine était déjà capable de détecter une foule de sentiments, dont la joie, la tristesse, la colère, la surprise, le dégoût, le calme et la confusion. En parallèle, l’application web peut, à partir d’une image ou d’une vidéo, reconnaître une multitude d’éléments concernant les êtres humains. Par exemple le sexe, la tranche d’âge et les caractéristiques du visage. Les dernières mises à jour ont aussi amélioré l’estimation de la tranche d’âge et du sexe et ajouté la possibilité de d’identifier des contenus violents tels que le sang, les armes, les cadavres, les contenus érotiques ou pornographiques.

Rekognition pourrait servir contre la criminalité

Le géant du e-commerce met en avant l’utilité d’une telle amélioration dans certains cas spécifiques comme les braquages. On peut alors imaginer des caméras pouvant repérer plus rapidement, un hold up en cours. La reconnaissance faciale aiderait alors à retrouver le suspect de ce braquage, à partir de sa photo ou d’un enregistrement vidéo. Si Amazon vante les possibilités offertes par son API, certaines voix s’élèvent pour prévenir contre des dérapages déjà prévisibles. Sur le blog du groupe, Brad Smith, le président de Microsoft relève que « Cette technologie apporte d’importants et même d’excitants bénéfices sociaux, mais aussi d’éventuelles dérives ».

Face à ce rappel d’ordre éthique, Amazon objecte : « Notre qualité de vie sera bien pire si, aujourd’hui, nous définissons une technologie comme hors-la-loi simplement parce que quelques personnes décident d’en abuser. Imaginez si des clients ne pouvaient pas acheter un ordinateur au prétexte qu’il est possible de l’utiliser à des fins illicites ? ». La société de Jeff Bezos émet ensuite ce vœu : « Comme tous les services d’AWS, nous attendons de nos clients qu’ils les utilisent en conformité avec la loi, et d’être responsable lorsqu’ils utilisent Amazon Rekognition ».

Amazon résiste à la polémique

En juillet 2018 déjà, l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) avait testé le logiciel et conclut qu’il n’était pas fiable. En effet, il a identifié 28 membres du Congrès américain comme étant des délinquants. Cette erreur a été réitérée en août 2019, lors d’un nouveau test réalisé par l’association. Plus récemment 55 experts en intelligence artificielle (dont des chercheurs de Facebook, Google ou Microsoft) ont également interpellé Amazon sur sa machine. Même certains gros actionnaires du groupe ont émis quelques réserves dans leurs vœux de début d’année 2019.

Pourtant Amazon a continué de défendre son API de reconnaissance « Nous sommes satisfaits de la valeur ajoutée qu’apporte Amazon Rekognition à des clients de toutes tailles et de tous types d’industrie […]. Lorsque vous avez mis au point une telle technologie, vous ne voulez pas vous en débarrasser […] S’il y a une régulation à appliquer, ce n’est pas à nous de le faire, mais c’est le rôle du gouvernement », avait tranché Andrew Jassy, directeur d’Amazon Web Service, lors d’une conférence de presse.

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