
La jeune pousse spécialisée dans la cybersécurité parie sur la tokenisation pour rendre les informations sensibles inexploitables une fois dérobées à leurs propriétaires. Une approche qui tombe à point nommé à l’heure où la France fait face à une vague d’assauts numériques toujours plus préoccupants.
Et s’il était possible de préserver ses renseignements confidentiels d’un détournement malveillant ? C’est précisément ce que promet Veilio à travers son infrastructure logicielle sur mesure.
Celle-ci s’appuie dans un premier temps, sur une interface de programmation (API) dédiée au procédé. Cet outil remplace automatiquement un élément critique par un jeton (token), c’est-à-dire une chaîne de caractères aléatoire et unique, dépourvue d’intérêt hors de votre environnement interne.
Ainsi, seuls les tokens circuleront dans le système d’information au lieu de la donnée sensible (adresse email, numéro de téléphone, carte bancaire, IBAN, adresse postale, etc.).
Concrètement, lors de la soumission d’un formulaire d’inscription sur une application par exemple, le flux consiste à transmettre la donnée en clair dès sa saisie à l’API de tokenisation. Celle-ci conserve et chiffre la vraie valeur dans un coffre-fort sécurisé et isolé de la base applicative.
Un coffre-fort chiffré
En retour, l’API renvoie un token — une suite aléatoire de lettres et de chiffres sans valeur marchande ni signification — qui est le seul élément enregistré dans la base de données de l’entreprise.
En cas de besoin opérationnel (envoi d’un message transactionnel, gestion du support client), l’application sollicite l’API de détokenisation munie du jeton correspondant. La ressource initiale n’est alors restituée qu’aux utilisateurs ou services dûment habilités grâce à une clé de déchiffrement.
Dès lors, un pirate qui parviendrait à s’infiltrer n’accéderait qu’à des fragments illisibles et inexploitables, qu’il ne pourrait déchiffrer sans recourir à des méthodes particulièrement complexes.
Selon Martin Charbonnel, cofondateur de la société, les procédés déployés figurent parmi les plus avancés du secteur. Il concède néanmoins qu’aucune barrière ne demeure infaillible sur la durée.
Une innovation plus qu’opportune
« On a déjà prévu de se rendre sur tout ce qui va être post-quantique pour toujours avoir un coup d’avance sur les cyberattaques qui sont de plus en plus innovatrices également. On anticipe les choses et on fait beaucoup de veilles aussi pour se renseigner sur les meilleures pratiques », affirme le dirigeant, interrogé par BFM Business.
Il évoque une idée inspirée par la prolifération des cyberattaques dans le paysage numérique français ces derniers. Le cas le plus emblématique concerne la fuite des données fiscales de 678000 contribuables usagers de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP).
L’intrusion, revendiquée par le groupe ZeroBytes, découle de l’usurpation des accès d’un agent de l’administration et d’un tiers habilité. Un scénario qui souligne la pertinence du modèle de Veilio. Car d’après Martin Charbonnel, près de 80% des brèches de sécurité proviennent d’une faille humaine.
