
Un éditeur claque la porte, et tout un studio reprend son souffle. L’histoire de Maverick Games, racontée par Bloomberg, illustre un scénario rare dans l’industrie du jeu vidéo.
Difficile de dire à quelle sauce Clutch sera mangé lors de sa présentation, attendue au printemps 2027, mais l’enthousiasme suscité par la diffusion du trailer de ce jeu de conduite en monde ouvert, le mois dernier, incite à l’optimisme.
De la communauté des joueurs à la presse spécialisée, les retours se sont montrés particulièrement favorables à ce projet, que certains estiment, notamment sur les réseaux sociaux, capable de combler le vide laissé par le très populaire Need for Speed.
Pour les créateurs du studio britannique Maverick Games, c’est une formidable opportunité. Un coup du destin que le fondateur Mike Brown n’aurait sans doute pas imaginé il y a seulement six mois.
En janvier, Amazon Games, qui finançait l’entreprise depuis près de deux ans, s’était en effet retiré du projet sans préavis, laissant les employés entre la crainte de licenciements et l’incertitude quant à l’avenir du studio et du jeu.
Un partenariat séduisant avant une rupture brutale
À l’origine de cette collaboration figurait pourtant la promesse de Christoph Hartmann, vétéran de 2K Games nommé à la tête d’Amazon Games, de faire de la division le plus grand éditeur de jeux AAA au monde, avec pour référence un nouveau Tomb Raider développé avec Crystal Dynamics.
Brown venait alors de quitter Playground Games, le studio détenu par Microsoft, après le développement de Forza Horizon 5. La collaboration s’est déroulée sans incident majeur pendant plusieurs mois, avec les échanges habituels entre un studio et son éditeur.
Le responsable de Maverick, décrit par le journaliste de Bloomberg Jason Schreier comme obsédé par le respect des délais, y voyait un principe de discipline créative. Mais en octobre 2025, Amazon annonce une restructuration comprenant la suppression de centaines de postes, la fermeture de studios en Californie et l’arrêt de plusieurs jeux, dont le MMO New World.
Maverick apprend la nouvelle en même temps que le public, via la couverture de Bloomberg. En coulisses, l’éditeur assure alors que Clutch et Tomb Raider restent dans ses plans.
Une créativité retrouvée
Deux mois plus tard, Hartmann informe finalement Brown par téléphone que l’accord de publication prend fin. Cette rupture se révélera toutefois bénéfique pour le jeune studio indépendant.
Selon les propos rapportés par Schreier, Mike Brown explique avoir ressenti un poids invisible durant le partenariat avec Amazon, notamment à cause de la lourdeur des validations hiérarchiques. Il cite par exemple un podcast maison, lancé avant l’arrivée de l’éditeur pour documenter le développement du studio sur un ton léger.
Si Amazon n’avait jamais interdit ce format, le groupe exigeait de le visionner avant publication, ce qui en ralentissait la cadence. Désormais libéré de cette tutelle, Maverick Games dit renaître de plus belle.
L’accueil réservé à l’annonce de Clutch lors du Summer Game Fest en témoigne, tout comme la diffusion en direct de dix jours particulièrement décalée, mettant en scène une Fiat Multipla installée dans le hall du studio, en amont. Maverick Games affirme désormais négocier en position de force avec plusieurs éditeurs potentiels.
