
Meta teste une nouvelle formule d’abonnement payant destinée aux utilisateurs de son réseau social de partage de photos/vidéos.
Quelques mois après avoir laissé entendre qu’il préparait le déploiement de formules payantes sur Facebook, WhatsApp et Instagram, Meta est finalement passé à l’action. Selon les informations de TechCrunch, le géant californien mène actuellement des tests pour un abonnement premium sur Instagram.
Baptisé Instagram Plus, ce service, en phase d’expérimentation au Mexique, au Japon et aux Philippines, permet aux utilisateurs d’accéder à une série de fonctionnalités exclusives centrées sur les stories, moyennant un abonnement mensuel d’environ deux dollars.
Les abonnés pourront notamment créer plusieurs groupes d’audience distincts pour leurs stories, au-delà de la seule liste des « Amis proches ». Ils bénéficieront aussi d’indicateurs de revisionnage, précisant quels abonnés ont consulté une story plusieurs fois, ainsi que d’un moteur de recherche dans la liste des vues. De quoi éviter le défilement fastidieux de centaines de noms.
Parmi les autres options envisagées figurent la prévisualisation d’une story avant publication, l’allongement automatique de sa durée de vie de 24 à 48 heures, ou encore la mise en avant d’un contenu spécifique, afin qu’il apparaisse en priorité dans le fil de leurs followers.
Ou comment passer incognito
Une autre fonctionnalité attendue – qui promet de faire parler d’elle – est la possibilité de consulter une story, une photo ou une vidéo éphémère sans que son auteur ne le sache.
En clair, l’abonné premium pourrait visionner le contenu temporaire de n’importe quel compte en toute discrétion, sans que son nom n’apparaisse dans la liste des « viewers ». Une option déjà perçue par certains observateurs comme un outil potentiel de « stalking », c’est‑à‑dire un moyen de surveiller ou de harceler autrui de façon intrusive et non désirée.
Cela ne devrait pas arranger l’image de Meta, alors que les autorités et régulateurs à travers le monde examinent de plus près les pratiques des plateformes sociales, notamment vis‑à‑vis des jeunes publics.
La monétisation progressive
Si ce catalogue d’options peut sembler anecdotique pour l’utilisateur occasionnel, il s’adresse en réalité à un public ciblé, notamment les créateurs de contenu, les micro‑influenceurs, les professionnels du marketing et de la communication, bref, tous ceux qui utilisent Instagram comme un outil d’analyse d’audience et de gestion d’image.
Avec cette initiative, le groupe de Mark Zuckerberg cherche à sans doute compenser les pertes engendrées par la politique d’App Tracking Transparency (ATT) introduite par Apple en 2021, qui a rendu le suivi publicitaire plus complexe. Or, le cœur du modèle économique de Meta repose toujours sur la publicité.
Si Meta choisit de monétiser les fonctionnalités de sa propre plateforme, Snapchat emprunte, lui, une voie parallèle et complémentaire : celle des abonnements créateurs. L’application au fantôme jaune vient en effet de lancer un mécanisme permettant aux créateurs individuels de proposer à leurs abonnés des « fan clubs » payants.
De quoi leur donner accès à du contenu exclusif, à des réponses prioritaires dans leur boîte de réception, ainsi qu’à une expérience sans publicité pour les stories dudit créateur.
