
Le leader mondial des jouets avance vers le développement interne des jeux vidéo, fort d’une activité en pleine croissance.
Dans un entretien récemment accordé au Financial Times (FT), le PDG de Lego Niels Christiansen a dévoilé les nouvelles ambitions du groupe. Et cela commence par le secteur des jeux vidéo que l’entreprise souhaite se réapproprier en développant elle-même cette activité.
« Nous pouvons définitivement affirmer que tant que nous sommes sous la marque Lego, nous pouvons couvrir des expériences pour les enfants de tous âges, numériques ou physiques. Le développement de jeux en interne est quelque chose que nous construisons progressivement », explique le dirigeant.
C’est une sorte de retour dans le passé, une période d’il y a deux décennies quand la société danoise avait été contrainte de confier le secteur des jeux vidéo à des partenaires externes sur fond de grandes difficultés financières.
Un choix judicieux à l’évidence, au regard du succès enregistré depuis. Pour preuve, sa collaboration avec Epic Games, le développeur du jeu Fortnite – Lego Fortnite – entamé en décembre 2023 a d’ores et déjà attiré pas moins de 87 millions de joueurs, d’après les chiffres du FT.
Une activité florissante
Les derniers chiffres globaux soutiennent cette stratégie. Le groupe familial a ainsi dévoilé mardi 11 mars, des résultats financiers impressionnants pour l’année écoulée, marquée par une croissance de 13% portant son chiffre d’affaires à 74 milliards de couronnes danoises (10,1 milliards de dollars).
Son bénéfice d’exploitation a également progressé de 10% pour atteindre 18,7 milliards de couronnes danoises (2,7 milliards de dollars). De telles performances confirment si besoin en était que Lego reste incontestablement le numéro un dans son secteur. De quoi laisser ses concurrents à la traîne.
À titre de comparaison, l’Américaine Mattel a enregistré un chiffre d’affaires stable à 5,4 milliards de dollars en 2024 ; et sa compatriote Hasbro a vu ses revenus chuter de près d’un cinquième à 4,1 milliards de dollars, selon des données du magazine britannique.
Résilience face aux défis géopolitiques
Ce tableau pourrait-il être négativement impacté par la guerre commerciale qui pointe à l’horizon à l’instigation du président américain Donald Trump vis-à-vis des voisins des États-Unis ?
Niels Christiansen se veut en tout cas serein, déclarant que l’entreprise ne « surréagirait pas » malgré le fait qu’elle importe la majorité de ses produits aux États-Unis depuis le Mexique.
« Nous avons traversé la pandémie de Covid-19 ainsi que l’inflation galopante et l’augmentation des coûts des matières premières en ne surréagissant pas, et c’est la même approche ici« , a-t-il souligné auprès du Financial Times.
« Dans l’ensemble, les tarifs ne sont pas ce qui m’empêche de dormir. C’est le fait de rester pertinent », a ajouté le PDG, évoquant la concurrence croissante pour l’attention des enfants avec des produits numériques comme YouTube.